Ferraille et métaux
Bateau de plaisance hors d'usage : comment le faire déconstruire gratuitement ?
Une filière, et le bateau repart en matières.
La réponse en 2 lignes. Depuis le 1er janvier 2019, une filière à responsabilité élargie finance la fin de vie des bateaux de plaisance et de sport. Son éco-organisme agréé, l'APER, prend en charge gratuitement la déconstruction dans un centre partenaire, sur demande du propriétaire. Il vous faut prouver que le bateau est à vous, le vider, et l'amener au centre (le transport reste souvent à votre charge). Pour une épave dans un port, c'est le gestionnaire du port qui agit.
Les 4 gestes
- Rassemblez les papiers : acte de francisation ou titre de navigation, pièce d'identité.
- Faites la demande en ligne auprès de l'APER, qui vous indique le centre le plus proche.
- Videz le bateau : effets personnels, et ce que le centre vous demande de retirer.
- Gardez le certificat de déconstruction : il sert à faire radier le bateau.
Pour qui est cette fiche
Pour les plaisanciers qui ont un bateau en fin de vie, les héritiers d'un bateau dont personne ne veut, et les gestionnaires de ports, mairies et chantiers navals confrontés à des bateaux abandonnés.
Pourquoi une filière dédiée
Un bateau de plaisance est surtout fait de composite (résine et fibre de verre), difficile à recycler, avec un moteur, des métaux, du bois, des câbles, des batteries, parfois du carburant et des fluides. Abandonné, il pollue et encombre les ports et les rivages. Comme pour les voitures, la loi a donc confié sa fin de vie aux fabricants et importateurs : ils versent une éco-contribution sur chaque bateau vendu, et l'éco-organisme qu'ils financent organise la déconstruction.
Qui fait quoi
| Étape | Qui | Coût pour vous |
|---|---|---|
| Demande de prise en charge | Vous, en ligne auprès de l'APER (formulaire accessible depuis la page du ministère ci-dessous) | Gratuit |
| Choix du centre | L'APER, parmi ses centres partenaires | Gratuit |
| Transport jusqu'au centre | En général vous (remorque, convoyage, manutention) | À votre charge, sauf solution proposée localement : demandez-le lors de votre demande |
| Dépollution et déconstruction | Le centre partenaire | Gratuit |
| Certificat de déconstruction | Remis au propriétaire | Gratuit |
Le ministère de la Mer explique la démarche sur sa page la déconstruction et le recyclage des bateaux de plaisance, avec le lien vers le formulaire de l'éco-organisme. Avant de vous lancer, vérifiez sur ce formulaire que votre bateau entre dans la filière (type, longueur) et le centre proposé : c'est lui qui fixe les conditions de dépôt.
Les conditions à remplir
- Être propriétaire, ou mandaté par lui : le centre demande les papiers du bateau et votre pièce d'identité. Pour un bateau hérité, joignez les documents de succession.
- Un bateau de plaisance ou de sport : les navires de pêche ou de commerce ont d'autres circuits.
- Un bateau vidé des objets personnels et de ce que le centre demande de retirer avant le dépôt.
- Un rendez-vous : on ne dépose pas un bateau sans accord préalable du centre.
Après la déconstruction : les papiers
Le certificat de déconstruction prouve que le bateau n'existe plus. Il permet de demander la radiation de l'acte de francisation ou de l'immatriculation, donc d'arrêter les taxes annuelles liées au bateau, et de résilier l'assurance et la place de port. Sans ce document, vous restez responsable du bateau.
Épave dans un port ou sur un rivage
Un bateau abandonné dans un port relève du gestionnaire du port (commune, syndicat, chambre de commerce, société concessionnaire). Il peut engager une procédure de déchéance de propriété prévue par le Code des transports : mise en demeure du propriétaire, affichage, puis, faute de réaction, le bateau peut être vendu ou déconstruit, le plus souvent via l'APER. Si vous repérez une épave, signalez-la à la capitainerie ou à la mairie, sans monter à bord ni la déplacer. Sur un rivage ou dans la mer, prévenez la mairie ou les affaires maritimes.
Ce que devient le bateau
Au centre, le bateau est d'abord dépollué (carburant, huiles, batteries, extincteurs, fusées de détresse). Le moteur, les métaux et les câbles partent au recyclage, comme la ferraille. Le bois et les plastiques sont triés. La coque en composite, la plus grosse partie, est broyée et le plus souvent valorisée comme combustible en cimenterie : la fibre de verre se retrouve dans le ciment.
À ne pas faire
- Couler ou abandonner un bateau pour s'en débarrasser : le propriétaire reste responsable, et c'est sanctionné.
- Le céder pour un euro à quelqu'un qui le laissera pourrir : sans acte de vente enregistré, vous restez le propriétaire officiel.
- Le découper soi-même pour la déchèterie : la poussière de fibre de verre est irritante, et la plupart des déchèteries refusent les coques.
- Laisser les fusées de détresse à bord sans prévenir : elles se rapportent à part, demandez la consigne au centre.
Bon à savoir
- La filière est financée par les fabricants et importateurs, avec une part d'une taxe payée chaque année par les plaisanciers.
- Un bateau encore réparable peut être vendu ou donné à une association : la déconstruction est la dernière solution.
À Martigues, Gérard hérite d'un vieux voilier de 6 mètres, posé sur remorque dans un jardin depuis des années. Il fait la demande en ligne à l'APER avec l'acte de francisation et l'attestation de succession. On lui indique un centre à une heure de route. Un ami l'aide à tracter la remorque ; le bateau est déconstruit, et Gérard reçoit le certificat qui lui permet de faire radier le voilier.
Histoire inventée pour l'exemple.
En France
- Filière à responsabilité élargie des bateaux de plaisance ou de sport : Code de l'environnement, article L541-10-1, en place depuis le 1er janvier 2019.
- Éco-organisme agréé : l'APER (premier agrément par arrêté du 21 février 2019, renouvelé par arrêté du 28 juin 2024).
- Gestion des déchets des navires et bateaux de plaisance : décret n° 2023-1144 du 6 décembre 2023.
- Bateaux abandonnés dans les ports : procédure de déchéance de propriété du Code des transports.
Les chiffres (les plus récents publiés)
- 2019 : année de lancement de la filière.
- 2024 : renouvellement de l'agrément de l'APER. Le bilan détaillé des déconstructions est publié chaque année par le ministère chargé de la mer (dernier suivi disponible : fin 2024).
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Vérifié le 31 octobre 2026. Confiance : élevée pour l'existence de la filière, l'éco-organisme agréé et la gratuité de la déconstruction ; à vérifier pour la prise en charge du transport, qui dépend du centre et des dispositifs locaux.
- Ministère de la Mer — la déconstruction et le recyclage des bateaux de plaisance
- Ministère de la Transition écologique — que faire de mon bateau de plaisance ?
- Ministère de la Transition écologique — filière des bateaux de plaisance ou de sport
- Arrêté du 21 février 2019 portant agrément d'un éco-organisme de la filière des déchets issus des bateaux — AIDA (Ineris)
- Arrêté du 28 juin 2024 portant agrément d'un éco-organisme — AIDA (Ineris)
- Décret n° 2023-1144 du 6 décembre 2023 relatif à la gestion des déchets des navires et bateaux de plaisance — AIDA (Ineris)
- Préfecture de l'Hérault — guide de demande de déconstruction APER (PDF)
- Ministère de la Mer — note sur les navires abandonnés
- Ministère de la Mer — suivi des déconstructions, mise à jour fin 2024