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Arnaques et sécurité numérique

Arnaque au faux conseiller bancaire : la banque doit-elle rembourser ?

On prépare votre contestation.

La réponse en 2 lignes. Pour une opération que vous n'avez pas autorisée, la banque doit en principe vous rembourser rapidement, sauf si elle prouve une négligence grave de votre part : le seul fait que l'opération ait été validée ne suffit pas. Faites bloquer tout de suite (appli, Card Stop 078 170 170 ou Fraudstop), contestez par écrit, déclarez les faits à la police. Si la banque refuse : service des plaintes, puis Ombudsfin.

Les 4 premiers gestes

  1. Faites bloquer tout de suite : carte et accès bancaires dans l'appli, ou par Card Stop (078 170 170), ou par Fraudstop, le numéro unique lancé par les banques belges en juin 2026 pour les victimes de fraude. Puis appelez votre banque au numéro habituel (au dos de la carte, dans l'appli), jamais celui qui vous a appelé.
  2. Contestez par écrit chaque opération frauduleuse auprès de votre banque (agence, appli ou service des plaintes), en gardant une copie.
  3. Déclarez les faits à la police (commissariat de votre zone) et gardez le numéro du procès-verbal. La police indique quelles informations apporter.
  4. Rassemblez les preuves : journal d'appels, numéro qui s'affichait, SMS, captures d'écran, extraits de compte.

Comment fonctionne l'arnaque

  • Un appel, un SMS ou un message WhatsApp semble venir de votre banque, de Card Stop, de la police ou du « service fraude ». Le numéro affiché peut être le vrai : c'est une usurpation de numéro (« spoofing »).
  • Le faux conseiller connaît souvent votre nom, votre banque, parfois vos dernières opérations.
  • Il annonce une fraude en cours et vous demande de « valider » une opération avec votre lecteur de carte, votre appli ou itsme pour l'annuler, de donner un code, de transférer votre argent vers un « compte sécurisé » ou de remettre votre carte à un coursier qui passe chez vous.
  • Une banque ne vous demande jamais de valider une opération pour en annuler une autre, ni vos codes, ni de lui remettre votre carte. La police belge alerte aussi sur les faux coursiers et faux policiers.

Ce que dit la loi sur le remboursement

  • Pour une opération de paiement non autorisée, le Code de droit économique (livre VII, qui applique les règles européennes) prévoit que la banque rembourse immédiatement, au plus tard à la fin du jour ouvrable suivant votre signalement, sauf si elle a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de votre part.
  • Avant le blocage, une franchise de 50 € au plus peut rester à votre charge ; après le blocage, plus rien (sauf fraude de votre part).
  • La banque ne peut vous laisser toute la perte que si elle prouve une fraude ou une négligence grave de votre part. Le fait que l'opération ait été validée avec votre lecteur de carte ou votre appli ne suffit pas à lui seul à le prouver.
  • La Cour de cassation belge a récemment précisé ce qu'il faut entendre par négligence grave du payeur (voir les comptes rendus en sources) ; chaque dossier reste examiné au cas par cas.
  • En 2026, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, selon les comptes rendus de Test-Achats et de la presse, que la banque doit d'abord rembourser l'opération non autorisée, même si elle soupçonne une négligence ; elle ne peut ensuite réclamer le montant que si elle prouve une négligence grave.
  • Vous avez au plus 13 mois après le débit pour contester, mais agissez dès que vous découvrez l'opération.

À ne pas faire

  • Rappeler le numéro laissé par le « conseiller » : appelez le numéro habituel de votre banque.
  • Accepter sans discuter un refus de remboursement fondé seulement sur le fait que l'opération a été « validée ».
  • Répondre à quelqu'un qui propose ensuite de « récupérer votre argent » contre des frais, même au nom d'un avocat ou d'un service public : c'est une seconde arnaque.

Le cas plus difficile : le virement fait par vous-même

  • Si c'est vous qui avez ordonné un virement vers le compte indiqué par l'escroc (« compte sécurisé »), la banque peut considérer l'opération comme autorisée : le remboursement est alors beaucoup plus difficile à obtenir.
  • Prévenez quand même la banque tout de suite : elle peut tenter de faire bloquer les fonds chez la banque qui les a reçus s'ils n'ont pas encore été retirés.
  • Depuis octobre 2025, la banque doit vous dire, avant un virement, si le nom du bénéficiaire correspond au compte (la « vérification du bénéficiaire », voir Test-Achats sur l'IBAN check). Un avertissement ignoré peut être retenu contre vous : lisez-le toujours.
  • Déclarez les faits à la police et gardez toutes les preuves de la manipulation.

Si la banque refuse : vos recours

  1. Une réclamation écrite au service des plaintes de la banque, en demandant le motif précis du refus et les preuves de la négligence grave reprochée.
  2. Après un refus ou sans réponse satisfaisante, l'Ombudsfin, le médiateur des services financiers, gratuit (ses coordonnées ; le recours expliqué par Test-Achats). Son avis n'oblige pas la banque, mais il pèse.
  3. En dernier recours, le juge. Test-Achats suit ces dossiers ; un avocat ou l'aide juridique de première ligne (gratuite, dans votre commune ou au tribunal) peut vous orienter.

Prévenir

  • Raccrochez dès qu'on vous parle de fraude et rappelez vous-même votre banque au numéro habituel.
  • Ne donnez jamais un code, et ne validez rien avec votre lecteur de carte, votre appli ou itsme à la demande de quelqu'un.
  • Ne remettez jamais votre carte à un coursier ou à un « policier » : aucune banque et aucune police ne fait ça.
  • Lisez toujours le message de validation : il indique ce que vous êtes en train d'autoriser (montant, bénéficiaire).

Un vendredi soir, à Bruxelles, Gérard reçoit un appel du « service fraude » de sa banque, avec le numéro de son agence affiché. On lui fait signer deux opérations avec son lecteur de carte « pour les bloquer ». Le lundi, il découvre 2 400 € débités. Il fait bloquer sa carte, conteste par écrit et déclare les faits à la police. La banque invoque une négligence grave ; il écrit au service des plaintes, puis saisit l'Ombudsfin.

Histoire inventée pour l'exemple.

Les chiffres (les plus récents publiés)

  • Près de 50 millions d'euros détournés par phishing en Belgique en 2024, selon Febelfin (Belga) ; aucun bilan 2025 du phishing par Febelfin n'a pu être vérifié pour cette fiche, et les chiffres 2026 ne sont pas encore publiés.
  • Plus de 6 700 appels à Fraudstop le premier mois après son lancement, soit plus de 200 par jour (Febelfin, juillet 2026).
  • 50 € : franchise maximale avant blocage ; 13 mois : délai maximal pour contester.

Numéros et contacts utiles (Belgique)

  • Card Stop : 078 170 170, 24 h/24, pour bloquer une carte.
  • Fraudstop : le numéro unique des banques pour les victimes de fraude, qui fait bloquer cartes et applications bancaires ; numéro annoncé sur police.be.
  • Police : commissariat de votre zone ; 101 si un faux coursier ou un faux policier est en route ou devant chez vous.
  • suspect@safeonweb.be : pour transférer un SMS ou un e-mail suspects.
  • Ombudsfin (Ombudsman en conflits financiers) : médiateur gratuit en cas de litige avec votre banque, après une réclamation à son service des plaintes. Ses coordonnées (réseau européen FIN-NET) ; le recours expliqué par Test-Achats.
Bobby

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Bobby publie des fiches pratiques adaptées à la Belgique : lois, numéros et organismes belges. En Belgique, Bobby répond à vos questions ; il ne vous met pas en relation avec des professionnels.

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Sources, vérification, confiance

Vérifié le 1er novembre 2026, pour la Belgique. Confiance : élevée pour les règles de remboursement des opérations non autorisées (Code de droit économique, Wikifin), Card Stop et Fraudstop ; moyenne pour la portée de l'arrêt de la Cour de cassation et de l'arrêt de la CJUE de 2026, connus par des comptes rendus, et pour l'application à votre cas, qui dépend des faits. Le chiffre de phishing en euros date de 2024. Cette fiche informe et ne remplace pas un conseil juridique : pour un litige précis, adressez-vous à votre banque, à l'Ombudsfin, à une association de consommateurs ou à un avocat.

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