Chauffage
Chaudière en panne : les vérifications avant d'appeler
On vérifie l'essentiel, en sécurité.
La réponse en 2 lignes. Avant tout, assurez-vous qu'il n'y a ni odeur de gaz ni signe de monoxyde de carbone : dans ce cas, on sort et on appelle les secours. Sinon, quatre vérifications sans outil (thermostat, courant, pression de l'eau, code affiché) permettent parfois de relancer la chaudière ; si la panne revient, c'est pour un chauffagiste.
Les 3 premiers gestes
- Vérifiez qu'il n'y a ni odeur de gaz, ni signe de monoxyde de carbone (voir ci-dessus). Au moindre doute, on sort et on appelle.
- Notez ce que vous voyez : écran éteint, voyant rouge, code d'erreur, chiffre sur le manomètre (le petit cadran de pression).
- Faites les vérifications sans outil ci-dessous, une seule fois chacune.
Stop : attention, danger
- Odeur de gaz : n'allumez et n'éteignez rien, pas même la lumière ; ouvrez les fenêtres, sortez, puis appelez dehors l'Urgence sécurité gaz au 0 800 47 33 33 (gaz de ville) ou votre fournisseur (citerne). Danger immédiat : 18 ou 112.
- Monoxyde de carbone (gaz invisible et sans odeur) : maux de tête, fatigue, nausées, surtout chez plusieurs personnes à la fois, ou qui passent quand on sort. Aérez, arrêtez si possible les appareils à combustion, sortez, appelez le 15, le 18 ou le 112 (114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Ne rentrez pas avant l'avis d'un professionnel (ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur).
- N'ouvrez jamais le capot de la chaudière et ne touchez à aucune pièce du circuit de gaz : c'est le travail d'un professionnel qualifié.
- Ne bouchez jamais les aérations ni le conduit de fumée, même s'il fait froid.
- Traces noires autour de la chaudière, flamme anormale, chaudière qui fume ou sent le brûlé : arrêtez-la, aérez, et appelez un chauffagiste sans la relancer.
- Pour vous chauffer en attendant : jamais de barbecue, de brasero, de réchaud de camping ni de groupe électrogène à l'intérieur (ARS).
Les vérifications sans outil
| Ce que vous voyez | Ce que vous pouvez vérifier | Si ça ne repart pas |
|---|---|---|
| Rien ne s'allume sur la chaudière | Si d'autres appareils marchent (coupure générale ?) ; si le disjoncteur de la chaudière est baissé, et seulement si le tableau est au sec et vos mains sèches, remontez-le une seule fois ; ne touchez à rien d'autre dans le tableau | S'il redescend, n'insistez pas : chauffagiste ou électricien |
| Chaudière allumée, radiateurs froids | Le thermostat d'ambiance : piles, consigne, mode été ou hors-gel, programme horaire | Chauffagiste |
| Manomètre bas (souvent sous 1 bar) | La pression à froid conseillée dans votre notice ; chaudière arrêtée et froide, si vous connaissez le robinet de remplissage, remettez de l'eau doucement jusqu'à la valeur de la notice, sans la dépasser. Si vous ne trouvez pas le robinet, n'ouvrez rien | Pression qui rebaisse en quelques jours : fuite ou vase d'expansion, chauffagiste |
| Code d'erreur ou voyant rouge | Le sens du code dans la notice ; si elle l'autorise, un seul appui sur le bouton de réarmement | Elle se remet en sécurité : n'insistez pas, chauffagiste |
| D'autres appareils au gaz ne marchent plus non plus | Ne touchez à rien sur le gaz | Coupure possible : Urgence sécurité gaz, 0 800 47 33 33 |
Pression de repère à froid, à vérifier dans votre notice : environ 1 à 1,5 bar dans un logement de plain-pied, 1,5 à 2 bars dans une maison à étage (Selectra, septembre 2026).
Ce que vous pouvez faire vous-même, et jusqu'où
- Les vérifications du tableau : thermostat ; disjoncteur une fois, tableau au sec et mains sèches ; pression, chaudière arrêtée et froide ; code d'erreur ; réarmement une fois si la notice le prévoit.
- Purger un radiateur froid en haut (voir la fiche « Radiateur froid en haut : comment le purger ? »), puis revérifier la pression.
- Arrêtez-vous là : tout ce qui demande d'ouvrir la chaudière, de toucher au gaz, au brûleur, à la carte électronique ou au conduit de fumée est réservé à un professionnel.
Les causes possibles
- « L'écran est noir » : coupure de courant, disjoncteur, fusible ou carte électronique.
- « Elle s'allume mais ne chauffe pas » : thermostat, programme, mode été, ou brûleur qui ne s'allume pas.
- « L'aiguille est dans le rouge en bas » : manque d'eau dans le circuit, après une purge ou une petite fuite.
- « Elle se met en sécurité à chaque fois » : défaut d'allumage, d'évacuation des fumées ou de pression ; pas à forcer.
- « Plus d'eau chaude mais le chauffage marche » (ou l'inverse) : vanne ou échangeur, pour un chauffagiste.
Quand appeler un professionnel, et lequel
- Chauffagiste qualifié (de préférence celui qui fait l'entretien, ou le service après-vente si la chaudière est sous garantie) : panne qui revient, mise en sécurité répétée, eau sous la chaudière, bruit anormal.
- Syndic ou gardien : chauffage collectif, tout l'immeuble est froid.
- Urgence sécurité gaz : odeur de gaz, coupure de gaz.
Prévenir pour la prochaine fois
- Faites l'entretien annuel avant l'hiver : c'est obligatoire pour les chaudières gaz, fioul, bois, charbon de 4 à 400 kW.
- Regardez le manomètre une fois par mois en période de chauffe.
- Gardez la notice et l'attestation d'entretien près de la chaudière.
- Aérez tous les jours et laissez libres les entrées et sorties d'air.
Qui paie et qui prévenir (France, Marseille)
- Entretien annuel : obligatoire chaque année civile ; le chauffagiste remet une attestation dans les 15 jours, à garder au moins 2 ans (Code de l'environnement, articles R224-41-4 à R224-41-9 ; arrêté du 15 septembre 2009). En location, c'est au locataire de le faire faire, sauf si le bail prévoit que le bailleur s'en charge (Service-public.fr).
- Réparations, si vous êtes locataire : le remplacement des petites pièces d'usure des appareils à gaz (membranes, clapets, joints) fait partie des réparations locatives (décret n° 87-712 du 26 août 1987) ; une chaudière usée par l'âge ou à remplacer relève du propriétaire, qui doit fournir « une installation permettant un chauffage normal » (logement décent). Prévenez-le par écrit, sans arrêter de payer le loyer.
- Chauffage collectif : c'est le syndic ou le propriétaire de l'immeuble qui fait entretenir et réparer.
- Assurance : en cas d'accident avec une chaudière mal entretenue, l'assureur peut refuser d'indemniser (Service-public.fr). Gardez vos attestations.
- Propriétaire qui ne fait rien : l'ADIL 13 vous explique les recours, gratuitement.
Un matin d'octobre, à Saint-Barnabé, Karim trouve ses radiateurs froids. Pas d'odeur, personne n'a mal à la tête. L'écran affiche un code ; la notice indique un manque de pression, et l'aiguille est à 0,5 bar. Il arrête la chaudière, la laisse refroidir, puis remet de l'eau jusqu'à 1,2 bar en suivant la notice ; elle repart. Trois jours plus tard, la pression a rebaissé : il appelle son chauffagiste pour chercher la fuite.
Histoire inventée pour l'exemple.
Les chiffres (les plus récents publiés)
- Monoxyde de carbone en Provence-Alpes-Côte d'Azur, saison de chauffe 2024-2025 : 52 épisodes d'intoxication accidentelle, 178 personnes intoxiquées, 1 décès (ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur, 17 novembre 2025). Le bilan de la saison 2025-2026 n'était pas publié au 9 octobre 2026.
- En France : environ 3 000 personnes intoxiquées par an, dont une centaine de décès (même source).
- Taux de monoxyde de carbone mesuré lors de l'entretien : moins de 10 ppm, normal ; de 10 à 50 ppm, situation anormale qui demande des vérifications complémentaires ; 50 ppm ou plus, danger grave et immédiat, la chaudière doit être arrêtée (Service-public.fr, page vérifiée le 19 mai 2025).
Numéros utiles (France, Marseille)
- 112 : numéro d'urgence européen · 18 : pompiers (à Marseille, le Bataillon de marins-pompiers) · 15 : SAMU · 114 : urgence par SMS ou application pour les personnes sourdes ou malentendantes.
- Urgence sécurité gaz (gaz de ville) : 0 800 47 33 33, gratuit, 24 h/24.
- Enedis, dépannage électricité dans les Bouches-du-Rhône : 09 726 750 13, 24 h/24.
- ADIL 13, conseil juridique gratuit et neutre sur le logement : 04 96 11 12 00.
Bobby vous prévient
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Sources, vérification, confiance
Vérifié le 9 octobre 2026. Contrôle indépendant passé le 9 octobre 2026 (corrections intégrées). Confiance : élevée pour l'entretien obligatoire, l'attestation, les seuils de monoxyde de carbone (Service-public.fr) et les chiffres d'intoxication (ARS) ; moyenne pour les pressions de repère, qui dépendent de chaque chaudière (la notice fait foi). Les vérifications sont des conseils généraux.
- Service-public.fr — entretien de la chaudière (vérifié le 19 mai 2025)
- Service-public.fr — entretien courant et réparations locatives (vérifié le 21 mai 2025)
- Service-public.fr — logement décent (vérifié le 21 mars 2025)
- ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur — intoxications au monoxyde de carbone (17 novembre 2025)
- Selectra — pression de la chaudière sous 1 bar (8 septembre 2026)
- GRDF — Urgence sécurité gaz
- Enedis — dépannage et urgences
- ANIL — ADIL 13