Déchets dangereux
Obus, grenade, vieille munition trouvée : que faire ?
On n'y touche pas, on appelle le 17
La réponse en 2 lignes. Une vieille munition, même rouillée, peut encore exploser. N'y touchez pas, ne la déplacez pas, ne la rapportez ni en mairie, ni en gendarmerie, ni en déchèterie. Éloignez-vous, notez l'endroit exact et appelez le 17 ou le 112 : la police ou la gendarmerie fait venir les démineurs de la Sécurité civile, qui l'enlèvent et la détruisent. En mer, prévenez le CROSS (VHF canal 16 ou 196). L'intervention est gratuite.
Les 4 gestes
- Ne touchez à rien : ni la munition, ni ce qui l'entoure.
- Éloignez-vous et éloignez les curieux, les enfants et les chiens.
- Repérez l'endroit : adresse, repère visible, ou position GPS ; une photo de loin si c'est sans risque.
- Appelez le 17 ou le 112 (en mer : le CROSS, VHF canal 16 ou 196) et attendez les consignes.
Stop : attention, danger
- Ne touchez pas, ne secouez pas, ne grattez pas, ne nettoyez pas, ne démontez pas. Ne frappez jamais l'objet et ne tentez pas de le désamorcer : des accidents graves surviennent encore en manipulant de vieux engins.
- Ne le transportez jamais, même « pour rendre service » : pas de munition dans une voiture, ni à la mairie, ni à la gendarmerie, ni à la déchèterie. Ce sont les démineurs qui viennent à elle.
- Ne faites pas de feu à proximité : éloignez-vous d'abord, puis appelez.
- Une munition qui fume, fuit ou dégage une odeur : éloignez-vous tout de suite, au vent, et dites-le à l'appel. Certaines munitions anciennes contiennent des produits chimiques.
Pour qui est cette fiche
Pour tout le monde : promeneurs, jardiniers, agriculteurs, familles qui vident la maison d'un proche, pêcheurs, plongeurs et plaisanciers. Elle sert aussi aux entreprises de travaux publics et aux chantiers, où les engins sont souvent découverts en terrassant, et aux amateurs de détection de métaux.
D'où viennent ces munitions
Obus, grenades, cartouches, bombes et mines datent surtout des deux guerres mondiales. Beaucoup n'ont jamais explosé ; d'autres ont été enterrées, oubliées dans des dépôts ou jetées à la mer. Le sol, les labours, les travaux, l'érosion des plages et les incendies les font remonter, parfois un siècle plus tard. En Provence, les combats et le débarquement d'août 1944 ont laissé des engins sur la côte, dans les massifs et au fond de la mer (la route du débarquement de Provence, ministère des Armées).
Pourquoi c'est dangereux : l'explosif ne disparaît pas avec le temps, et la corrosion peut rendre le mécanisme encore plus sensible. Une munition « inerte » à l'œil ne l'est pas forcément. Seul un démineur peut le dire.
Que faire, selon l'endroit
| Vous l'avez trouvée | Ce qu'il faut faire |
|---|---|
| Dans un champ, un bois, un jardin, sur un chantier | Arrêtez le travail, laissez l'objet en place, balisez de loin (piquet, ruban, branche) et appelez le 17 ou le 112 |
| Sur une plage | Éloignez les baigneurs, gardez un œil sur l'endroit si la marée ou les vagues risquent de le recouvrir, appelez le 17 ou le 112 |
| Dans un grenier, une cave, la maison d'un proche | Ne la sortez pas de la maison, ne la mettez pas dans un carton à emporter : laissez-la où elle est et appelez le 17 |
| Dans un filet ou un casier de pêche | Si l'objet n'est pas à bord, ne le remontez pas ; s'il est à bord, ne le manipulez plus, ne le ramenez pas au port sans consigne, et prévenez le CROSS |
| En plongée | N'y touchez pas, ne le remontez pas, notez la position et la profondeur, et signalez-le à la remontée au CROSS ou aux autorités maritimes |
À terre, les préfectures publient des fiches réflexe très claires : voyez par exemple la fiche « Que faire en cas de découverte d’un engin explosif » de la préfecture de l’Orne ou le guide de la préfecture de la Manche. En mer, le ministère de la Mer explique comment alerter les secours (VHF canal 16, ou le 196 depuis un téléphone). L'accord RAMOGE, entre la France, Monaco et l'Italie, a diffusé des consignes pour les munitions trouvées en Méditerranée (résumé en anglais).
Qui intervient
À terre, ce sont les démineurs de la Sécurité civile, service du ministère de l'Intérieur réparti en centres sur tout le territoire (présentation officielle des démineurs). Ils identifient l'engin, l'enlèvent s'il est transportable ou le détruisent sur place, avec un périmètre de sécurité. En mer et sur l'estran, ce sont le plus souvent les plongeurs démineurs de la Marine nationale, sous l'autorité du préfet maritime. Dans les deux cas, l'appel passe par la police, la gendarmerie ou le CROSS : ne contactez pas vous-même une entreprise.
Ce que deviennent les munitions
Les engins enlevés sont regroupés puis détruits par les démineurs, en général par explosion contrôlée sur des terrains dédiés, ou dans des installations spécialisées pour les munitions chimiques. Rien ne passe par une filière de déchets ordinaire. Le travail reste immense : plus d'un siècle après la Grande Guerre, des engins des deux conflits sont encore découverts et détruits chaque année en France. Aucun bilan national officiel et récent (2025 ou 2026), en tonnes, n'a pu être confirmé ici : pour un chiffre précis, reportez-vous aux publications du ministère de l'Intérieur.
Garder une munition « en souvenir » : ce que l'on risque
Au-delà du danger, la loi encadre strictement les matériels de guerre et leurs munitions : leur détention est en principe interdite aux particuliers sans autorisation (fiche justice.fr sur les armes et matériels de guerre de catégorie A). Garder chez soi un obus ou une grenade peut donc constituer un délit, en plus d'exposer sa famille. Si vous en découvrez dans une maison, la bonne démarche est de le signaler : on ne vous reprochera pas d'avoir appelé.
Détection de métaux et pêche à l'aimant
Utiliser un détecteur de métaux pour rechercher des objets intéressant l'histoire ou l'archéologie demande une autorisation préfectorale (Code du patrimoine, article L542-1). La démarche est décrite sur la page du ministère de la Culture. Plusieurs préfectures ont aussi interdit ou encadré la pêche à l'aimant, justement parce qu'elle remonte des munitions (exemple de la Charente) : renseignez-vous auprès de la préfecture de votre département. Dans tous les cas, une munition remontée se laisse sur place et se signale au 17.
À ne pas faire
- La rapporter « en lieu sûr » dans le coffre de la voiture, jusqu'à la mairie ou la gendarmerie.
- La plonger dans un seau d'eau, la mettre au congélateur ou la jeter dans une rivière « pour la neutraliser ».
- La déposer à la déchèterie ou dans une poubelle : le gardien et les agents de collecte ne sont pas formés pour cela.
- La vendre, la donner ou l'acheter sur un vide-grenier ou une plateforme en ligne.
- Revenir sur place avec des amis pour la montrer avant l'arrivée des démineurs.
Bon à savoir
- L'intervention des démineurs ne vous coûte rien.
- Les fusées de détresse périmées ne suivent pas cette voie : elles ont leur propre filière de reprise en magasin d'accastillage.
- Sur un chantier, arrêtez les engins dans la zone et prévenez le responsable : on ne reprend qu'après le passage des démineurs.
- Les munitions de la Seconde Guerre mondiale restent régulièrement découvertes sur le littoral provençal : un engin a fait évacuer une plage de La Seyne-sur-Mer en 2024 (Figaro Nautisme).
À Martigues, Lucie se promène sur les rochers près de Carro et remarque un objet métallique rouillé, de forme allongée, coincé entre deux blocs. Elle n'y touche pas, éloigne son chien, prend une photo de loin et appelle le 112 en donnant le nom de la plage et un repère. Les secours lui demandent de rester à distance jusqu'à leur arrivée. En 2021, la préfecture maritime de la Méditerranée avait justement mené une opération de contre-minage au large de Carro (communiqué).
Histoire inventée pour l'exemple.
En France
- Déminage des engins historiques à terre : service de déminage de la Sécurité civile (ministère de l'Intérieur), alerté par la police ou la gendarmerie.
- En mer : préfet maritime, plongeurs démineurs de la Marine nationale, alerte par le CROSS.
- Matériels de guerre et munitions : régime d'interdiction et d'autorisation (catégorie A), Code de la sécurité intérieure et Code de la défense.
- Détecteurs de métaux : autorisation préfectorale pour les recherches d'objets historiques ou archéologiques (Code du patrimoine, article L542-1).
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Écrire mon mot du proSources, vérification, confiance
Vérifié le 31 octobre 2026. Confiance : élevée pour les consignes de sécurité (ne pas toucher, ne pas transporter, appeler le 17 ou le 112) et pour le rôle des démineurs de la Sécurité civile ; moyenne pour les consignes détaillées en mer, qui dépendent de la préfecture maritime.
- Sécurité civile — les démineurs
- Ministère de l'Intérieur — le service de déminage de la Sécurité civile : 80 ans d'histoire
- Préfecture de l'Orne — que faire en cas de découverte d'un engin explosif
- Préfecture de la Manche — découverte d'un engin explosif
- Préfecture du Haut-Rhin — risque engins de guerre (DDRM 2023)
- Préfecture de l'Aisne — accident à la suite de la manipulation d'un engin explosif
- Gendarmerie nationale — « en matière de munition ou d'explosif, on n'a pas le droit à l'erreur »
- Justice.fr — armes à feu et matériels de guerre de catégorie A
- Ministère de la Culture — autorisation d'utiliser un détecteur de métaux
- Préfecture de la Charente — rappel de l'interdiction de la pêche à l'aimant
- Ministère de la Mer — comment alerter les secours en mer
- Sanctuaire Pelagos — accord RAMOGE : que faire si vous trouvez des munitions historiques en mer (en anglais)
- Préfecture maritime de la Méditerranée — contre-minage au large de Carro (2021)
- Parc national des Calanques — arrêté après la découverte d'un engin explosif aux îles du Frioul (décembre 2025)
- Figaro Nautisme — plage évacuée à La Seyne-sur-Mer après la découverte d'un engin explosif (2024)
- Chemins de mémoire — la route du débarquement de Provence 1944